Les dos vêtus / Clothed backs
2016
papier de soie, pigments, colle
Une vulnérabilité contenue
Les Dos vêtus sont une reprise des Dos nus. La série présente des silhouettes féminines vues de dos. Les corps ne se donnent pas dans la frontalité du portrait : ils se tiennent dans le retrait, dans l’absence du visage. Ce sont des présences discrètes, mais intensément humaines — reconnaissables à une posture, à une inclinaison, à la chute d’un vêtement.
Réalisées en papier de soie, pigments et colle, ces figures apparaissent fragiles, traversées de transparences. Le vêtement y joue un rôle essentiel. Il n’est pas un détail décoratif, mais une seconde peau : une enveloppe, un signe social, une manière d’habiter le corps. Il indique une époque, une situation, une façon d’être au monde.
L’œuvre déplace la relation au regard. On ne rencontre pas une identité ; on perçoit une présence. Le dos devient un lieu de projection, de silence, de vulnérabilité contenue.
Les dos vêtus proposent ainsi une humanité sans spectacle : des figures tournées vers ailleurs, saisies dans une pudeur simple, où le vêtement et l’attitude protègent autant qu’ils révèlent.