Les poires / Pears
2012
papier de soie, pigments, colle
Une image dépouillée du corps
Les poires présentent des figures féminines assises. Les corps sont clairement exprimés, mais traités avec une grande simplicité. Ils ne cherchent ni le réalisme ni l’anecdote. Les formes sont pleines, calmes, posées — offertes comme des présences plutôt que comme des images à interpréter.
Le papier de soie donne à ces corps une matière fragile, traversée de transparences. Les pigments, déposés en lavis, ne modèlent pas le volume de façon classique : ils suggèrent, laissent circuler la lumière, allègent la forme. La couleur n’accentue pas ; elle accompagne. Le dessin reste lisible, sans insistance. Il retient une courbe, une masse, une posture.
Les figures apparaissent à la fois présentes et vulnérables, tenues dans un équilibre délicat.
Le titre introduit un léger déplacement. Les poires n’est pas une métaphore appuyée, mais une manière de nommer autrement : une forme simple, familière, presque ordinaire. Le corps féminin est approché sans idéalisation, sans psychologie, sans mise en scène.
L’œuvre propose ainsi une image dépouillée du corps — ni symbole, ni narration, ni revendication. Une présence tenue dans une matière pauvre, légère, fragile, où la douceur de la forme n’efface jamais sa précarité.