Les oiseaux sont composés de lavis sur papier de soie, maintenus par des baguettes et des fils de raphia, puis suspendus dans l’espace. Les figures flottent à différentes hauteurs. La transparence du papier laisse passer la lumière, qui traverse les images et projette des ombres mouvantes. L’ensemble évoque ces arbres où les oiseleurs suspendent leurs cages d’oiseaux chanteurs — une constellation fragile, tenue dans l’air.
L’œuvre reprend des figures issues des peintures de Chu Ta : oiseaux aux attitudes à la fois ironiques et méditatives, tracés en quelques traits et taches de lavis. Le blanc du papier entoure, isole et révèle ces silhouettes, dans un équilibre subtil entre ce qui est peint et ce qui demeure vierge.
Cette relation au vide, centrale chez Chu Ta, est ici déplacée à l’échelle de l’installation. L’espace qui s’étend entre les dessins suspendus devient une part à part entière de l’œuvre — sa matière même. Ce n’est pas une absence, mais un champ de tension et d’attention : le vide isole les figures, intensifie leur présence et instaure une atmosphère méditative où l’espace devient aussi expressif que les formes qui l’habitent.